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Les Brèves

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Parce que l'actu ne s'arrête jamais, cette page recensera des articles toujours en lien avec l'art, la politique ou le jeu vidéo.... TOus auront pour point commun de rebondir sur l'actualité.

 

Parce que le média vidéoludique n'est pas en dehors de la vie, il est en elle!

JFK: Le jeux vidéo 

 

A l'heure où les archives américaines s'apprêtent à déclassifier le dossier sur l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, il est temps de se pencher sur une anomalie vidéoludique: la reproduction point par point du meurtre de Dallas. 

JFK: Reloaded, sorti en 2004 par le studio écossais Traffic Software, est un jeu de tir à la première personne qui place le joueur dans la peau de Lee Harvey Oswald, l'assassin présumé, avec pour objectif de recréer les tirs qui tuèrent le président américain le 22 novembre 1963.  Présenté comme un « jeu documentaire » (sisi, ils ont osé!), les développeurs disent tester la faisabilité de la théorie du tireur unique. 

Cependant, le jeu suscita une vive controverse. La famille Kennedy, notamment Edward Kennedy, exprima sa profonde stupeur. Disponible en téléchargement pour 10 dollars, le titre avait en plus le bon goût de proposer un concours avec, à la clé, une récompense de 100 000 dollars pour celui qui parviendrait à reproduire à la perfection les tirs qui ôtèrent la vie au président. Si ses serveurs sont fermés depuis août 2005, on peut toujours dénicher des segments de gameplay. 

L'Antisémitisme dans les jeux video

L'antisémitisme, défini comme la haine ou la discrimination envers les Juifs, s'exprime parfois dans nos jeux vidéo au travers de personnages plus ou moins douteux ou d' intrigues sentant bon les stéréotypes fleuris... quand il ne découle tout simplement pas du comportement problématique de certains gamers en ligne. 

Sans aller jusqu'à évoquer des jeux tel qu'Ethnic Cleansing qui encourage ses joueurs à commettre des actes violents sur des PNJ Juifs, même des licences a priori "grand public" comme Call of Duty ou Minecraft peuvent normaliser (parfois malgré elles) l'antisémitisme. 

Un bref état des lieux dans les lignes qui suivent. 

En premier lieu, il y a les jeux créés exprès par des groupes qui se revendiquent clairement comme antisémites.  Prenons l'exemple de Zog’s Nightmare, développé en 2006 par Resistance Records (un label néo-nazi) et dont l'intrigue (si on peut appeler ça une intrigue) tourne autour de la théorie du complot "Zionist Occupation Government" (ZOG). Dans ce jeu de tir à la première personne (FPS), le joueur incarne un suprémaciste blanc qui a pour mission d'éradiquer des ennemis représentés sous forme de stéréotypes raciaux.

De même, Ethnic Cleansing, lui aussi conçu par un autre groupe de suprémacistes, permettait aux joueurs de perpétrer des actes violents envers des membres du peuple Juif. Le but avoué, en plus celui de choquer, est ici de provoquer (petit à petit) une banalisation du phénomène de déshumanisation.

Et puis comment ne pas mentionner KZ Manager, jeu de gestion qui place le joueur dans la peau d’un dirigeant de camp de concentration ? Il faudra alors maîtriser les détenus (explicitement présentés comme étant des Juifs, des Turcs ou des Tsiganes), gérer les stocks de Zyklon B, trouver l’argent, entretenir les équipements (dont les fameux fours crématoires) tout en maintenant de bonnes relations avec les villageois installés non loin du site ! Trop d'activités sur le site pourrait gêner à cause des fumées... 

Le gameplay repose sur des mécaniques propres aux simulations économiques: exécuter des prisonniers permet d'étouffer de potentielles émeutes mais coûte en gaz tandis que les maintenir en vie génère des revenus.Jamais distribué à grande échelle, KZ Manager était initialement conçu pour des plateformes comme le Commodore 64 mais il sera plus tard adapté en versions DOS et Windows (notamment sa nouvelle mouture KZ Manager Millennium). Les copies ont un temps circulé sous le manteau dans les pays de culture germanique (Allemagne et Autriche en tête). 

 

​On peut toujours se dire que ces  jeux "de niche", certes particulièrement odieux, sortent finalement assez peu de la communauté qui les a créés. Mais qu'en est-il des formes plus sournoises d'antisémitisme ? 


Au sein des jeux dits "mainstream", le mépris et la haine apparaissent de manière bien moins tonitruante mais une étude de 2012 note toutefois que les juifs sont souvent représentés sous les traits du gangster, du mafieux...ou de la victime. Ceci sans compter que les communautés en ligne deviennent  souvent le terreau fertile de comportements "limites". En 2021, la BBC révèle que des discours de haine, y compris antisémites, prospèrent quasi sans fard dans les chats privés. L'écrin ludique finit par tordre nos perceptions et banalise la prolifération de discours aussi navrants que délétères.

Des initiatives tentent de prendre à bras le corps ce problème, des "game jams" s'essayent ainsi à sensibiliser les plus jeunes à mieux détecter et s’armer contre les contenus malveillants quand des associations tentent de convaincre les plateformes de revoir leur politique de modération. Ceci dit les historiens continuent de souligner la continuité des tropes anti-juifs au sein des médias. Terin Tehan de l'Université du Texas à Dallas, a même publié en 2022 une thèse montrant comment certains jeux réactivent les stéréotypes historiques. On ne sort décidément jamais de la boucle !

Puis il y a les cas à part tel Imagination is the Only Escape conçu par le développeur français Luc Bernard dans le courant des années 2000. L'objectif était de plonger le joueur dans la Seconde Guerre mondiale en suivant l’histoire d’un garçonnet - juif- confronté aux horreurs d’un camp de concentration. Le gameplay devait alterner entre phases de gestion, séquences d’exploration et parenthèses plus oniriques. Prévu initialement pour la Nintendo DS, le jeu ne fut jamais distribué à cause des nombreuses controverses éthiques qu'il a suscitées. 

Encore une fois, le jeu vidéo se fait le reflet de notre société. Pour le meilleur, comme pour le pire!

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